Iran: le procès des deux Français détenus s’ouvrira le 3 mars

Iran: le procès des deux Français détenus s’ouvrira le 3 mars

Les universitaires Fariba Adelkhah et Roland Marchal sont détenus à Téhéran depuis le mois de juin.

Le procès de Fariba Adelkhah et de Roland Marchal s’ouvrira le 3 mars à Téhéran, a déclaré mardi leur avocat, Me Saïd Dehqan à l’Agence France-Presse. Détenue à Téhéran depuis le 5 juin, la chercheuse franco-iranienne est poursuivie pour «propagande contre le système» politique de la république islamique d’Iran et «collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale». Seul ce dernier chef d’accusation est retenu contre son compagnon, Roland Marchal, emprisonné lui aussi depuis juin. Le couple avait été arrêté par les gardiens de la révolution, l’armée idéologique en charge de la protection du régime. Leur procès doit avoir lieu devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran.À lire aussi : Fariba Adelkhah, une chercheuse otage d’un différend franco-iranien

Contrairement à ce qu’avait annoncé plus tôt mardi le porte-parole de l’Autorité judiciaire, Gholamhossein Esmaïli, les deux chercheurs n’ont pas été déjà jugés et condamnés, selon Me Dehqan, qui affirme avoir «vu leur acte d’accusation» lundi au greffe du tribunal.

Il y a dix jours, Mme Adelkhah a mis fin à la grève de la faim qu’elle observait depuis le 24 décembre pour protester contre son incarcération, avait annoncé son avocat. Le comité de soutien de la chercheuse avait jugé récemment son état de santé «alarmant» et l’avait appelée à mettre un terme à cette grève de la faim. «Mme Adelkhah a répondu à la demande écrite de militants politiques et issus de la société civile», a annoncé Me Saïd Dehqan. En janvier, la justice iranienne avait abandonné l’accusation d’espionnage visant la chercheuse.

Un échange de prisonniers entre Berlin et Téhéran

L’annonce du procès des deux Français intervient quasi simultanément avec un échange de prisonniers entre l’Iran et l’Allemagne. Téhéran a annoncé mardi avoir libéré un détenu allemand, arrêté il y a quelque temps après avoir pris des photos de «sites sensibles» et condamné à trois ans de prison. La veille, Berlin avait élargi Ahmad Khalili, un Iranien détenu en Allemagne et menacé d’extradition vers les États-Unis.

Pareille issue est à souhaiter dans le cas de Mme Adelkhah et de son compagnon. La France détient dans le Sud un ingénieur iranien dont les États-Unis réclament son extradition, le soupçonnant d’avoir violé l’embargo américain imposé à l’Iran. Jalal Rohollahnejad, 41 ans, avait été interpellé le 2 février sur l’aéroport de Nice alors qu’il regagnait Téhéran via Moscou, puis aussitôt placé sous écrou extraditionnel.

C’est bonne volonté contre bonne volontéUn responsable iranien

C’est «bonne volonté contre bonne volonté», confiait récemment un responsable iranien. Mais jusqu’à présent, Paris refuse de céder.

Plusieurs binationaux sont détenus en Iran. Ces détentions sont en général une carte dans un jeu complexe où se mêlent rivalités internes entre centres du pouvoir à Téhéran et volonté de récupérer des citoyens iraniens, détenus hors du pays.

Thierno

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